Un challenge vous attend cette semaine au pied du mur !
Afin de récolter des fonds pour le Téléthon, nous vous lançons le défi de réaliser jusqu’au Samedi 9 Décembre, au moins 370 montées de la voie « Mont Blanc » afin d’égaler la hauteur du Mont Blanc ! (370×13=4810m) 😉
Le principe est simple :
Tu viens grimper sur ta séance habituelle.
Tu mets 1€ (ou plus) dans la cagnotte.
Tu grimpes la voie Mont Blanc.
Tu fais une croix sur le tableau prévu pour qu’on puisse comptabiliser le nombre d’ascensions
Merci d’avance pour votre coopération dans la réalisation de ce challenge !!
Le club organise la première étape de la Coupe de Normandie le Dimanche 26 Novembre. A cette occasion, nous aurons besoin d’accéder au mur du Pôle Simone Veil toute la journée du Samedi pour finaliser la préparation.
Ainsi, la séance de votre enfant du Samedi 25 Novembre est maintenue aux horaires habituels mais délocalisée au gymnase Lavoisier (55 rue des Moteaux 76620 Le Havre).
La compétition du 26 Novembre aura lieu à The Roof le matin et au pôle Simone Veil l’après-midi et est ouverte au public ! Vous pouvez donc venir voir et encourager les petits grimpeurs, vous êtes les bienvenus !
Un petit récit des aventures d’Arnaud, dans la voie The Nose, sur El Capitan dans le Yosemite.
The Nose « The Nose » est une voie de 900 mètres de hauteur située sur El Capitan, un monolithe de granite, dans la vallée du Yosemite en Californie. C’est l’une des plus célèbres et mythiques grandes voies d’escalade du monde. C’est Warren Harding qui a réussi la première ascension en 1958. Puis la voie a été rendue célèbre par sa première ascension en libre par Lynn Hill en 1992, et plus récemment par le record de vitesse d’Alex Honnold et Tommy Caldwell (1h58, en 2018). La voie comporte 28 longueurs avec des longueurs cotées en 8b et 8b+, mais la plupart des cordées la parcourt en escalade artificielle, en 4 à 5 jours.
L’escalade artificielle L’escalade artificielle, ou artif, est une forme d’escalade dans laquelle le grimpeur pose artificiellement ses points de progression dans les faiblesses du rocher (à l’aide de pitons, coinceurs, crochets…), puis y attache un étrier, monte sur l’étrier, et répète le processus pour progresser à chaque point. L’escalade artificielle est peu pratiquée en France de nos jours, mais elle est essentielle dans des parois mythiques telles que les bigwalls du Yosemite.
Les cotations Les cotations en escalade artificielle dépendent directement de la solidité des points et de la hauteur de chute potentielle que le grimpeur peut effectuer si l’un des points cède sous son poids. Les cotations vont de A0 (où les points de progression sont déjà en place, ne laissant au grimpeur qu’à « tirer aux clous ») à A6 (où aucun point ne résiste plus qu’au poids du grimpeur, pas même les relais, la chute peut être mortelle). Dans les voies les plus fréquentées du Yosemite, telles que The Nose, l’utilisation de pitons est interdite pour préserver le rocher. Nous ne pouvons donc utiliser pour progresser que des coinceurs ou des crochets. Les cotations dans ce cas vont de C1 à C6 (avec un C pour « Clean climbing »). Dans la voie The Nose la cotation maximale atteint seulement C2, ce qui en fait un bigwall assez accessible au débutant en escalade artificielle que je suis.
Le matériel Pour s’engager dans un bigwall, il faut un minimum de matériel. Tout d’abord il faut plusieurs jeux de coinceurs. J’avais déjà un certain nombre de coinceurs car je grimpe régulièrement en trad. Mais j’en ai racheté quelques-uns pour l’occasion, et j’en ai emprunté aussi aux copains avant de partir. Pour dormir en paroi il faut aussi un portaledge, une sorte de hamac avec une structure en aluminium. Comme c’est un peu cher à l’achat, j’ai entrepris d’en fabriquer un les semaines avant le départ. Il est un poil plus lourd que ceux du marché mais fonctionnel et solide. Il faut aussi un sac de hissage (un « pig » comme disent les locaux). J’en ai trouvé un d’occasion avant de partir, avec une capacité de 140 litres, parfait pour El Capitan. Ensuite il faut une corde à simple, avec 60 mètres on peut faire toutes les voies du Yosemite. Et il faut une corde statique pour hisser les sacs, 60 mètres aussi. Et comme ça on a deux cordes, ce qui permet de descendre en rappel si besoin. Après il faut du matériel classique d’escalade (dégaines, sangles, mousquetons…) et aussi du matériel de camping (duvet, gamelle, réchaud…).
Le projet Je rêvais depuis plusieurs années de grimper sur El Capitan, entre autre après avoir lu le livre Camp 4 (de Steve Roper) qui raconte l’histoire des pionniers de l’escalade au Yosemite dans les années 60. J’ai aussi expérimenté l’escalade artificielle au cours de stages d’alpinisme ou d’escalade en terrain d’aventure. Et puis j’ai fait une voie avec Patrice, un guide du Verdon, qui m’a emmené faire la voie Castapiagne Rouge, sur deux jours, avec nuit en portaledage. Une super expérience qui m’a fortement donné envie d’aller plus loin. Et au printemps 2023, cadeau des copains pour mes 50 ans, qui m’offrent un billet d’avion pour le Yosemite. Waouh la chance, j’ai des amis exceptionnels. Il n’y a plus qu’à…
La préparation Six mois de préparation à lire les topos du Yosemite, et les livres de techniques en bigwall. Puis quelques séances sur les falaises normandes pour mettre tout ça en pratique. Et me voilà à la veille du départ, sans me sentir vraiment prêt. D’autant que je n’ai pas de partenaire, parce que je ne connais personne en France qui pratique l’escalade artificielle. Et je ne me sens absolument pas compétent pour emmener un débutant dans mes aventures. Donc le projet c’est soit de trouver un partenaire expérimenté sur place, soit de grimper en solo auto-assuré (ce que j’ai déjà fait en France dans plusieurs grandes voies pour me préparer).
La vallée du Yosemite 15 octobre 2023 : après avoir atterri en avion à San Francisco, et loué une voiture à l’aéroport, j’arrive en début d’après-midi dans la vallée du Yosemite. Et au détour d’un virage, apparaît EL CAPITAN. C’est beau, c’est vertical, c’est lisse, c’est impressionnant. Il m’a fallu plusieurs jours pour prendre mes marques dans la vallée et repérer les départs des bigwalls des différents secteurs. Et aussi pour échanger des petits mots sur le panneau du camping de Camp 4 pour rechercher un éventuel partenaire. Et j’ai fini par rencontrer Xabier, un Espagnol venu comme moi tout seul au Yosemite, et hypermotivé pour grimper en artif. Comme nous sommes débutants en bigwall tous les deux, nous décidons de partir dans la voie West Face (sur la Leaning Tower). Un bigwall de 11 longueurs seulement, mais qui nous a demandé deux grosses journées de grimpe avec une nuit au milieu sur une vire. Cela nous a permis de se connaître, et d’envisager un projet plus ambitieux…
The Nose – Jour 1 Samedi 28 octobre, 7h30. Xabier et moi nous sommes au pied du Nose, avec nos 2 gros sacs de hissage, prêts à démarrer l’ascension. Un grand moment ! En réalité notre ascension elle a plutôt commencé hier. Parce qu’ici pour partir dans un bigwall sur plusieurs jours, les grimpeurs ont pour habitude de poser des cordes fixes dans les premières longueurs. Pour The Nose, nous avons grimpé la veille les 4 premières longueurs (jusqu’à Sickle Ledge) et nous avons posé 3 cordes fixes pour redescendre au sol. Nous avons ainsi pu profiter de l’après-midi pour préparer nos sacs, et dormir une dernière fois au sol avant le véritable départ. Donc nous sommes de nouveau au pied du Nose, et nous nous apprêtons à remonter sur corde les 180 mètres jusqu’à Sickle Ledge (à l’aide de poignées Jumar et d’étriers). A chaque relais nous devons hisser les sacs. Ils doivent peser au total 60 à 70 kilos. Il faut dire que nous avons pris 4 jours d’eau pour 2 personnes, 4 jours de nourriture, et tout le matériel pour dormir en paroi. Arrivés à Sickle Ledge nous commençons l’escalade (en artificiel, parce qu’on n’a pas le niveau pour passer en libre) et longueur après longueur nous nous retrouvons en haut de la longueur 9, sur la Dolt Tower. La nuit tombe vers 18h30. Il y a une petite vire pour s’asseoir et manger. Et nous installons ensuite le portaledge pour s’endormir dans la nuit étoilée.
The Nose – Jour 2 Réveil avant le lever du soleil. Petit déjeuner sur la vire de la Dolt Tower, tortillas et beurre de cacahuètes, un grand classique des grimpeurs de bigwalls californiens. Et nous commençons à grimper. Au programme, nous avons prévu de faire 8 longueurs dans la journée. Ce n’est pas gagné parce que nous sommes un peu trop lents, et il nous faut facilement 3 heures pour faire une longueur difficile. Alors nous essayons de ne pas trop trainer et d’être efficaces dans les manips. Nous finissons tout de même la 17ème longueur en nocturne mais nous arrivons au relais du Camp IV comme prévu. Il y a juste la place sur la vire pour s’asseoir et manger, alors nous installons de nouveau le portaledge pour passer la nuit ici. Nous n’avons vu personne depuis 2 jours, c’est magique d’avoir The Nose pour nous tous seuls.
The Nose – jour 3 Nous démarrons tôt comme d’habitude. Aujourd’hui nous avons prévu de faire 6 longueurs. Nous commençons à être rodés sur les manips et le hissage des sacs, ça déroule plutôt bien. Nous passons la longueur 19, appelée le Great Roof. Elle est cotée 8b en libre, mais seulement C2 en artif (donc plutôt facile techniquement, mais impressionnante tout de même car c’est une traversée et le mur en dessous est très très vertical). Nous nous faisons doubler par 2 cordées qui font The Nose à la journée (chacun son niveau !). Et nous arrivons au relais 23 (Camp VI) juste avant la nuit, pour un bon repas et une nouvelle nuit en portaledge.
The Nose – jour 4 Il nous reste 5 longueurs. Sur le papier ça parait jouable. Mais depuis le début nous nous demandons à chaque relais si nous allons être capable d’atteindre le relais suivant. Alors nous continous notre stratégie de départ et, comme dit Xabier, nous y allons « poco a poco ». Nous croisons une cordée d’Anglais qui bivouaquent au sommet d’El Capitan depuis 3 semaines et qui descendent tous les jours en rappel pour travailler Changing Corners, la longueur 24, la plus dure de toute la voie (un 8b+ en dièdre). Leur projet c’est d’enchainer The Nose en libre depuis le bas (la classe !). Nous on grimpe comme on peut avec nos techniques d’artif et nous finissons par arriver à l’arbre de la longueur 28. Le fameux arbre que l’on voit dans les vidéos de speed climbing sur El Capitan et qui marque l’arrêt du chrono quand le deuxième grimpeur touche l’arbre. Nous arrêtons aussi notre chrono… 4 jours. Mais nous sommes trop contents d’être ici. Nous avons fait El Capitan ! Et en plus The Nose ! Nous prenons le temps de savourer le moment. Et ça tombe bien car il nous reste assez d’eau et de nourriture pour passer la soirée au sommet et bivouaquer avant la redescente du lendemain (2 à 3 heures de sentier avec quelques rappels).